Le travail du psychomotricien vise à rééduquer les personnes confrontées à des difficultés psychologiques vécues et exprimées de façon corporelle, en agissant sur leurs fonctions psychomotrices. Spécialiste des troubles psychomoteurs, ce professionnel rééduque par l’harmonie corporelle, aide à retrouver un bien-être, voire supprime un handicap.

Le psychomotricien agit sur le corps pour rétablir les fonctions physiques, mentales et affectives perturbées. Il aide son patient à trouver ou retrouver un équilibre, à mieux prendre conscience de son corps, à le maîtriser, à en faire un instrument capable de s’exprimer et de communiquer. Son travail relève aussi bien de la rééducation que de la psychothérapie.

Le psychomotricien est le spécialiste des troubles moteurs d’origine psychologique. Il agit sur prescription médicale afin de contribuer, par des techniques corporelles, au traitement des troubles de la représentation du corps d’origine psychique, des troubles de régulations émotionnelles et relationnelles.

Mettre des mots sur les maux

Le psychomotricien intervient pour aider les personnes souffrant de différents troubles psychomoteurs : tics nerveux, agressivité, manque de tonus, difficultés d’attention, problèmes pour se repérer dans l’espace ou dans le temps, …
Tout d’abord, ce spécialiste évalue les capacités psychomotrices de son patient et recherche l’origine de ses problèmes. Par exemple, un enfant ayant subi des violences sera, peut-être, agressif avec les autres. Les techniques utilisées pendant les séances sont adaptées à chaque patient.

À chacun sa rééducation

Avec les enfants, la rééducation proposée par le psychomotricien peut prendre différentes formes. Par exemple : jeu de ballon, création en pâte à modeler, chanson, danse, relaxation, … Avec les personnes âgées, le spécialiste privilégiera des activités d’équilibre et de mémoire. Chaque séance, individuelle ou collective, vise à réconcilier le patient avec son corps, à lui procurer une aisance gestuelle et à lui faire retrouver une sensation de bien-être physique.

  • Nombre de Psychomotriciens : 8 500
  • Evolution sur les 10 dernières années : +64%
  • Répartition par sexe : 12% d’hommes et 88% de femmes
  • Répartition salariés – libéraux : 86% de salariés et 14% en libéral
  • Age moyen : 41,2 ans
  • % de psychomotricien de moins de 35 ans : 35%
  • Taux de chômage : 0,9%

Sources : DREES, ADELI, Ministère du Travail

Des débouchés variés

En tant que salariés, les psychomotriciens exercent dans différents types d’institutions : établissements hospitaliers publics et privés, services de puériculture, de pédiatrie, de psychiatrie, de neurologie ou de gériatrie.

Ils travaillent également dans les centres de rééducation et de réadaptation pour adultes et pour enfants, hôpitaux de jour, centre d’aide par le travail, centres médico-psychologiques, centres médico-psycho-pédagogiques.

Lorsqu’il exerce libéral, le psychomotricien a sa propre patientèle mais travaille généralement en collaboration avec des médecins généralistes, pédiatres, psychiatres, orthophonistes, psychologues ainsi que les enseignants dans son secteur d’activité.

Le psychomotricien n’agit, en principe, que sur prescription médicale. Généralement, le psychomotricien travaille pour plusieurs employeurs. Ainsi, il peut assurer deux mi-temps : dans un service hospitalier et dans un centre spécialisé (ou dans un centre médico-psychopédagogique et dans une maison de retraite, …).

Les services en demande croissante sont : la gériatrie, les soins palliatifs, l’accueil des prématurés, les patients souffrant de maladies dégénératives.

Une démarche en concertation

De nombreux autres professionnels de la santé travaillent en collaboration avec le psychomotricien. Par exemple, des médecins, des psychologues, des équipes de rééducateurs (masseurs-kinésithérapeutes, orthophonistes, ergothérapeutes, …), des infirmiers, des puéricultrices et des éducateurs sociaux.

Evolutions

Le titulaire du diplôme de psychomotricien peut rentrer directement en 2ème année de formation de masseur-kinésithérapeute ou d’ergothérapeute. Mais la majorité des psychomotriciens poursuivent leur carrière dans leur domaine. Certains choisissent de se spécialiser en psychothérapie ou de compléter leur formation.

Dans la fonction hospitalière, le psychomotricien peut évoluer vers le métier de cadre de santé puis de directeur de soins. Après une expérience professionnelle de 4 ans, le psychomotricien hospitalier peut préparer en 1 an, le diplôme de cadre de santé. Cette formation permet d’occuper un poste d’encadrement dans un service ou de formateur auprès d’étudiants psychomotriciens.
L’avancement dans le grade de psychomotricien cadre de santé est accessible par concours sur titre interne ouvert aux psychomotriciens titulaires du diplôme de cadre de santé comptant, au 1er janvier de l’année du concours, au moins cinq ans de services effectifs dans le corps.
Le grade de psychomotricien cadre supérieur de santé est accessible par concours organisé dans chaque établissement aux psychomotriciens cadres de santé comptant au moins 3 ans de service effectif dans le grade de cadre de santé.
Le corps de directeur des soins est accessible par concours interne sur épreuves aux psychomotriciens cadres et cadres supérieurs de santé remplissant certaines conditions.

Salaires

En tant que salarié, en début de carrière un psychomotricien peut espérer entre 1400 et 1600 euros mensuels et en fin de carrière entre 2 500 et 3 500 euros mensuels en fonction de son parcours.

  • Accueil, prise en charge, encadrement et accompagnement pédagogique des personnes, en choisissant de mettre en œuvre des techniques et pratiques adaptées aux patients ;
  • Conception et réalisation du bilan clinique d’un patient, spécifique, à son domaine de compétences ;
  • Définition et mise en œuvre des conseils et de l’éducation thérapeutique, relatifs à son domaine d’activité ;
  • Coordination et suivi de la prise en charge de prestations en éduquant le patient et son entourage ;
  • Création du design des supports multimédia et/ou audiovisuels ;
  • Réalisation de soins spécifiques à son domaine d’intervention ;
  • Rédaction de comptes rendus relatifs aux observations et/aux interventions, dans son domaine d’activité ;
  • Surveillance de l’état de santé des personnes, dans son domaine d’intervention ;
  • Veille spécifique à son domaine d’activité.

Être en forme

Une bonne santé est requise. Les pratiques du psychomotricien impliquent, en effet, une activité physique assez intense. Selon le projet thérapeutique qui est mis en place pour le patient, le professionnel peut travailler dans une salle équipée ou en plein air.

Utiliser les médias

Le psychomotricien utilise également des outils de communication (informatique et vidéo) à des fins thérapeutiques. Souvent, il possède une formation complémentaire en psychothérapie par l’art ou par la musique, par exemple. Dans tous les cas, il doit faire preuve d’imagination pour créer des exercices de rééducation.

Un bon équilibre

Le sens de la pédagogie, la patience et l’écoute sont indispensables pour obtenir l’adhésion active du patient. Un bon équilibre personnel est aussi fondamental pour l’exercice de ce métier.

Fédération Française des Psychomotriciens (FFP)
5 rue Copernic – 75016 PARIS
http://www.psychomotricite.com/ffp/

Association Française des Étudiants et Professionnels en Psychomotricité (AFEPP)
http://afepp.over-blog.fr/

Syndicat National d’Union des Psychomotriciens (SNUP)
www.snup.fr